Les solutions ultimes de fibre optique pour les data centers de nouvelle génération

Infrastructure en fibre optique pour data centers : types de câblage, conception de la MMR et protocoles de test, avec le regard de terrain d'un responsable des opérations en exercice.

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L’évolution de la fibre optique a révolutionné la transmission des données de façons essentielles aux data centers hautes performances et de grande envergure. Du câblage intérieur et extérieur aux exigences strictes de la Meet-Me-Room (MMR), chaque composant contribue à une infrastructure robuste mais adaptable, répondant aux normes exigeantes des data centers Tier 3 et Tier 4.

Les fondamentaux de la fibre optique pour data centers

Lors de la conception d’une infrastructure en fibre optique pour un data center, le choix du type de fibre est déterminant pour répondre à la fois aux exigences de performance et aux contraintes d’espace. Un arbitrage courant se fait entre les options de fibre monomode comme la 652.D et les 657.A1 ou 657.A2. Ces dernières, grâce à leur forte tolérance à la courbure, sont conçues pour minimiser la perte de signal dans les espaces confinés où le câblage doit parfois contourner des angles ou être enroulé. Cette caractéristique est particulièrement précieuse dans les data centers, où l’espace est souvent limité et où préserver l’intégrité du signal dans des configurations exiguës est essentiel.

Un autre choix important concerne les fibres multimodes, qui offrent une flexibilité pour diverses applications à haut débit sur de plus courtes distances. Les grades OM3, OM4 et OM5 diffèrent par leur capacité de bande passante et leurs performances. L’OM3 est conçu pour des débits de 10 Gbps, couramment utilisés dans les data centers, tandis que l’OM4 et l’OM5 peuvent prendre en charge des débits encore plus élevés sur de plus longues distances, jusqu’à 40 Gbps ou 100 Gbps, pour des tâches plus gourmandes en données. L’OM5 augmente encore la bande passante en prenant en charge le multiplexage en longueur d’onde, qui permet de transmettre plusieurs signaux sur une seule fibre.

Types de câbles pour data center

Les cordons de brassage sont les principaux composants utilisés pour l’interconnexion. Ils existent en configurations simplex, duplex et multifibre . Les câbles simplex ne contiennent qu’une seule fibre, généralement utilisée pour une transmission à sens unique, tandis que les câbles duplex en contiennent deux, idéaux pour la communication bidirectionnelle. Les câbles multifibres , qui contiennent typiquement de 12 à 24 fibres, permettent une connectivité à haute densité, essentielle pour les data centers traitant de gros volumes de données et nécessitant un câblage compact.

Les câbles existent également en configurations fibres libres, breakout et trunk. Ces trois types sont au cœur des stratégies de câblage des data centers. Les câbles à fibres libres comportent des fibres individuelles dans un tube protecteur, offrant une certaine flexibilité et souvent utilisés pour les applications extérieures ou dans des environnements où la résistance aux conditions ambiantes est essentielle. Les câbles breakout contiennent plusieurs fibres, chacune dotée de sa propre gaine, offrant un moyen simple et durable de se connecter directement à des ports individuels sans dispositif de séparation distinct. Les câbles trunk regroupent plusieurs fibres dans une seule gaine, ce qui les rend idéaux pour relier de vastes zones du data center.

Connecteurs : quand utiliser le MPO ?

Dans les data centers, où la disponibilité et la précision sont primordiales, le choix du bon type de connecteur affecte à la fois les performances et la facilité de maintenance. Deux grands types de connecteurs sont utilisés : les connecteurs monofibre et les connecteurs multifibres.

Connecteurs monofibre

Il s’agit principalement des connecteurs LC, SC et ST, utilisés pour les connexions exigeant précision d’alignement et faible perte de signal. Ces connecteurs, chacun n’accueillant qu’une seule fibre, sont souvent employés dans des applications à densité plus faible ou lorsque les connexions fibre individuelles doivent être étroitement contrôlées. Les connecteurs LC, par exemple, sont très répandus en raison de leur conception compacte, qui permet des connexions à plus forte densité dans des espaces confinés.

Connecteurs multifibres

Ces connecteurs, tels que les connecteurs Multi-Fibre Push-On (MTP/MPO), permettent de connecter simultanément plusieurs fibres, soutenant les environnements à haute densité en regroupant plusieurs fibres dans un seul port. Les connecteurs MTP/MPO sont souvent utilisés dans les Meet-Me-Rooms (MMR) et autres zones à fort trafic du data center, où la rapidité d’installation et l’évolutivité sont essentielles. En permettant de connecter jusqu’à 24 fibres via un seul port, ces connecteurs facilitent un déploiement rapide, réduisent le volume de câblage et permettent des configurations réseau flexibles.

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Connecteurs préterminés contre épissurage sur site

Les câbles en fibre optique peuvent être terminés de deux façons :

Connecteurs pré-assemblés

Ces connecteurs sont assemblés et testés en usine pour garantir une performance fiable et régulière. Étant prêts à installer, les connecteurs préterminés réduisent le temps et le coût associés à la terminaison sur site. Cela les rend adaptés aux déploiements à grande échelle, en particulier dans les zones à haute densité des data centers où la disponibilité est critique. Cependant, étant fournis en longueurs fixes, ils sont plus efficaces dans des scénarios de câblage prévisibles et bien planifiés.

Épissurage sur site

Contrairement aux options préterminées, les terminaisons sur site offrent une plus grande flexibilité en permettant d’ajuster les longueurs directement sur place. Cela est particulièrement utile dans des environnements aux configurations complexes ou évolutives, où les cheminements de câbles doivent parfois s’adapter aux contraintes physiques de l’espace. La terminaison sur site exige des outils spécialisés et des techniciens formés, ce qui peut augmenter les coûts d’installation initiaux, mais offre une adaptabilité considérable.

Infrastructure de câblage extérieur

Le câblage extérieur pose un défi considérable aux data centers en matière de protection des fibres contre les contraintes externes telles que les variations de température, l’humidité, voire les dommages physiques. Des normes spécifiques pour le creusement de tranchées, la pose de gaines et l’installation de regards garantissent que l’infrastructure en fibre reste sécurisée, accessible et fonctionnelle dans la durée.

  • Creusement de tranchées : les câbles en fibre extérieurs sont posés dans des tranchées creusées à une profondeur standard de 80 à 100 cm. Cette profondeur protège la fibre des interférences, des dommages physiques et des risques posés par les réseaux voisins. Il est également courant de maintenir au moins 80 cm de séparation avec les autres réseaux techniques pour éviter les perturbations accidentelles. La tranchée elle-même est structurée en couches, souvent sans béton, pour faciliter les ajustements, réparations et extensions éventuelles.
  • Gainage : pour protéger davantage les fibres dans la tranchée, des gaines sont utilisées pour loger et protéger les câbles. Deux types principaux de gaines sont généralement déployés :
    • Les gaines de 160 mm sont utilisées pour les méthodes de tirage, une technique de déploiement économique mais plus lente.
    • Les gaines de 40 à 50 mm sont réservées aux installations par jetting ou soufflage. Le jetting permet des déploiements plus rapides et plus évolutifs, atteignant des vitesses allant jusqu’à 60 mètres par minute. Bien que cette méthode exige un investissement initial plus élevé en équipement, elle réduit considérablement le temps de main-d’œuvre et permet une évolutivité future, puisque des fibres supplémentaires peuvent être soufflées en place sans nécessiter de nouvelles tranchées.
  • Regards : à intervalles réguliers le long du tracé de la fibre, des regards sont installés pour fournir des points d’accès permettant l’ épissurage des câbles, les déviations et la maintenance de routine. Les regards constituent des points de démarcation essentiels, permettant aux techniciens d’accéder aux fibres et de les tester sans perturber l’ensemble du réseau. Ils sont placés de façon stratégique pour concilier facilité d’accès et protection contre les conditions extérieures, garantissant que les fibres restent accessibles tout en étant protégées de l’humidité et des contaminants.

Infrastructure de câblage intérieur et Meet-Me-Room

La Meet-Me-Room (MMR) est un hub de connectivité essentiel dans les data centers, offrant un site sûr et centralisé pour les raccordements directs entre opérateurs, clients et réseaux du data center. À mesure que les data centers s’étendent pour répondre à une demande de connectivité croissante, l’architecture et l’organisation de la MMR deviennent vitales pour l’efficacité et la sécurité, en particulier dans les installations Tier-3 et Tier-4 où la disponibilité et la redondance sont critiques.

Fonction et conception de la MMR

Dans sa forme la plus élémentaire, une MMR sert de hub réseau central, regroupant la connectivité pour faciliter les interconnexions entre opérateurs, clients, et exploitants du data center. Cette fonction améliore non seulement l’efficacité, mais réduit aussi le nombre de câbles parcourant le data center en regroupant les connexions externes en un seul lieu. Avec de nombreux opérateurs se terminant dans la MMR, les data centers gagnent en flexibilité pour choisir et gérer leurs fournisseurs, ce qui accroît la résilience et la redondance du réseau.

Une MMR comprend généralement plusieurs composants clés :

  • Baies opérateurs : ces baies accueillent les équipements des opérateurs externes, offrant un espace dédié aux appareils de chaque opérateur.
  • Répartiteur général (MDF) ou baie Meet-Me (MMR) : une baie centrale permettant les interconnexions entre tous les opérateurs et les salles clients.
  • Interconnexions : les interconnexions (cross-connects) sont essentielles pour relier les différents opérateurs et équipements clients, prenant en charge une large gamme de services et de configurations.
  • Précâblage : le précâblage permet les connexions entre la MMR et les salles clients. Pour simplifier les déploiements et les tâches d’interconnexion, le précâblage est souvent installé dès le premier jour. Cette anticipation permet des modifications plus rapides et minimise les perturbations lors des mises à niveau ou extensions du réseau.

Exigences de la MMR pour les data centers Tier-3 et Tier-4

Pour répondre aux normes strictes des data centers Tier-3 et Tier-4, la MMR doit respecter des exigences de conception spécifiques renforçant la sécurité, la redondance, et l’évolutivité.

  • MMR redondantes pour le Tier-4 : alors que les data centers Tier-3 nécessitent une seule MMR, les installations Tier-4, qui garantissent les plus hauts niveaux de disponibilité et de tolérance aux pannes, exigent deux MMR distinctes. Ces salles doivent se trouver dans des zones de protection incendie distinctes, avec des entrées séparées d’au moins 20 mètres afin de se prémunir contre les risques environnementaux ou d’origine humaine.
  • Séparation opérateurs/clients : pour des raisons de sécurité et d’organisation, l’agencement des MMR vise à séparer les baies opérateurs et les baies clients. Cette séparation réduit le risque d’interférence et aide à organiser le câblage étendu généralement requis dans les environnements à haute densité.
  • Matériel à haute densité : en tant que hub principal de connectivité, la MMR accueille un grand nombre de fibres, ce qui nécessite un matériel à haute densité. Les répartiteurs optiques (ODF), les chemins de gestion de câbles et les panneaux breakout précâblés permettent une organisation et un accès efficaces. Les ODF à haute densité, en particulier, sont essentiels, car ils permettent aux data centers de maximiser l’espace tout en facilitant l’accès pour la maintenance et les mises à niveau.

Protocoles de test de la fibre

Pour garantir des performances et une fiabilité optimales, les data centers doivent mener des processus de test de fibre approfondis. Ces normes garantissent que toutes les fibres installées fonctionnent aux débits et capacités spécifiés, sans problèmes physiques ou de performance tels que l’atténuation, les erreurs d’épissurage ou les ruptures de connexion. Le test constitue aussi une étape importante du contrôle qualité, garantissant que les matériaux des fournisseurs répondent aux exigences spécifiées et fournissant une certification aux clients finaux.

Inspection de base : nettoyage des connecteurs et examen visuel

L’étape la plus fondamentale du test de fibre est l’inspection de base, qui consiste à inspecter et nettoyer les connecteurs pour prévenir toute contamination par la poussière, l’huile ou d’autres particules pouvant perturber la transmission du signal. Les techniciens utilisent des microscopes d’inspection de fibre pour évaluer la propreté et la qualité des connecteurs, à la recherche de rayures, fissures et autres défauts physiques susceptibles de causer une perte de signal. Des instruments de nettoyage, comme des lingettes non pelucheuses et des bâtonnets de nettoyage, sont utilisés avec le microscope pour garantir que chaque connecteur est propre et opérationnel.

Les inspections visuelles sont utiles pour détecter les contaminants de surface, mais elles sont souvent insuffisantes pour découvrir des anomalies internes dans le canal de fibre. C’est pourquoi les data centers utilisent des techniques de test plus poussées afin de garantir l’intégrité de la fibre sur l’ensemble de la liaison.

Test de niveau 1 (perte de base, longueur et polarité)

Le test de niveau 1 est un test de certification de base qui mesure la perte optique, la longueur, et la polarité de la fibre afin de s’assurer qu’elle respecte les normes réseau. En vérifiant ces paramètres, le test de niveau 1 fournit une évaluation de référence de la performance globale de la liaison fibre.

  • Mesure de perte : des puissancemètres optiques et des sources lumineuses sont utilisés pour mesurer la perte le long du trajet de la fibre. Ce test est essentiel, car même une atténuation mineure peut affecter la transmission des données sur de longues distances, en particulier dans les environnements de data center à haute densité. La perte mesurée doit rester dans des limites acceptables pour certifier que la fibre respecte les spécifications de conception du réseau.
  • Mesure de longueur : une mesure de longueur précise est un autre élément critique, car elle permet de vérifier que les fibres sont coupées et installées selon les spécifications correctes. Tout écart de longueur pourrait entraîner un mou ou une tension inutile dans la fibre, susceptibles de provoquer une perte de signal ou une dégradation dans le temps.
  • Test de polarité : les tests de polarité vérifient que les signaux voyagent dans la bonne direction d’une extrémité à l’autre de la liaison fibre, garantissant une connectivité correcte sur l’ensemble du réseau. Ce point est particulièrement important pour les connexions multifibres, où maintenir une polarité correcte sur plusieurs fibres est essentiel à une transmission fonctionnelle.

Test de niveau 2 (épissures et courbures avancées, avec OTDR)

Les data centers utilisent également des réflectomètres optiques temporels (OTDR) pour les tests de niveau 2, qui offrent un examen plus complet. Ce test approfondi localise avec une grande précision les défauts spécifiques tout au long du trajet de la fibre. Bien que le test de niveau 2 nécessite un investissement plus important en équipement et en formation des techniciens, il fournit des informations essentielles sur le fonctionnement interne de la fibre.

  • Test OTDR : les OTDR fonctionnent en envoyant une impulsion lumineuse à travers la fibre et en mesurant le signal rétrodiffusé pour créer un « instantané » de la liaison fibre. Ces données révèlent l’emplacement et l’ampleur de tout point d’atténuation — épissures, connecteurs ou courbures — où l’intensité du signal peut être compromise.
  • Test de courbure : les OTDR sont également efficaces pour détecter les courbures trop serrées ou mal configurées, susceptibles d’entraîner une perte de signal excessive. En localisant précisément ces courbures, les techniciens peuvent corriger ces problèmes avant qu’ils n’affectent les opérations du data center.

Pour en savoir plus sur la fibre optique dans les data centers, nous avons interrogé Stefano Meroli, docteur en physique nucléaire et responsable des opérations chez nLighten, une entreprise reconnue pour ses solutions innovantes de data center en Suisse. Voici son point de vue sur l’avenir de l’infrastructure en fibre dans les data centers.

« Nous constatons une poussée vers une densité de fibre encore plus élevée et des solutions de gestion de câbles plus sophistiquées. À mesure que la demande de données croît, je pense que l’accent sera mis sur l’intégration de nouvelles technologies de fibre nous permettant de transmettre davantage de données dans le même espace physique. Un multiplexage en longueur d’onde amélioré sur les fibres n’est qu’un début. »

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Viros Piro
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